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 1 HARCOURT credit Harcourt Claire Roman (credit Harcourt)

Mais qui se souvient de Claire Roman? 

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Aussi célèbre dans les années 30’ que Hélène Boucher ou Maryse Hilsz, Claire Roman est injustement tombée dans les oubliettes de l’histoire. 

La découverte récente des vestiges de l’avion dans lequel elle a disparu permet de retracer la vie d’une grande pilote.  

En Juillet dernier, l’opération de recherche des restes du Caudron Goéland (2 C445)dans lequel elle trouva la mort en 1941 a été couronnée de succès. Cette découverte permet d’évoquer la figure de cette femme exceptionnelle mais aussi d’exposer des fragments d’un avion aujourd’hui totalement disparu.  

2 C445 credit GC 2 C445 credit GC

LA RECHERCHE DE L’EPAVE DANS LES MONTAGNES 

La recherche historique en amont a été longue. A quel endroit le Caudron de Claire Roman est-il tombé ? Comment retrouver l’emplacement exact du ce site ?

Le parcours administratif  a été tout aussi contraignant: autorisation de la Préfecture, feu vert du propriétaire du terrain, des Eaux et forêts, etc.. mais tous les retours ont été positifs et le dossier officiel est fin prêt. 

Sur le terrain, la montagne est belle mais escarpée  (3 FALAISE). En haut, les nuages nous entourent, la visibilité est quasi nulle. Nous comprenons pourquoi le Goéland, dans lequel Claire Roman était passagère, a percuté ce pic.  Heureusement, nous savons où aller, grâce aux témoignages locaux. Très vite, des pièces d’avion apparaissent ( 4 grosses pieces). Elles sont réellement uniques, puisque le Caudron Goéland a totalement disparu de la planète ; Pour cette raison, ces longerons et ces lisses tordues (5 lisses) ont une vraie valeur historique. 

Nous trouvons de la structure de la cellule, et des éléments composant les systèmes avion, comme des équipements: l’altimètre ( 6 altimetre), un phare d’atterrissage (7 phare), une poignée de porte…. 

 

Des traces de peinture nous racontent l’histoire du Caudron Goéland qui était immatriculé F-OAMR : il vola d’abord chez Air Bleu, puis fut repeint conformément aux instructions de Vichy, avec un jaune canari vif, bien connu des modélistes. Ces petits morceaux d’entoilage portant les deux couleurs nous déroulent cette histoire (8 peinture bleu jaune) . 

Une plaque (9 plaque) nous confirme formellement le type avion : « C445 » pour Caudron 445 et la date de fabrication: Mars 1939. « VR » est le tampon du Bureau Véritas.  

Nous sommes face à un grand puzzle que nous réassemblons pour découvrir l’histoire complète de cet avion et de ses occupants.  

4 Août 1941  Un vol de routine tourne au drame 

Claire Roman a embarqué à bord d’un Caudron Goéland au départ de Vichy. Elle va visiter sa mère à Pau, qui est malade. Ils sont trois à bord de l’avion : le pilote Max Rives, le radionavigant Jean-Marie Joly et Claire Roman, passagère. Durant le trajet, la météo se dégrade et dans les Pyrénées audoises, l’avion est pris dans un orage. Le pilote ne peut pas voir le pic boisé devant lui et l’avion s’écrase, tuant ses trois occupants. Les habitants des environs ont bien entendu le bruit de moteurs, puis le crash, mais il n’y a plus rien à faire quand ils arrivent sur les lieux. L’épave sera évacuée et les souvenirs de cet accident sont mis en veilleuse jusqu’à ce jour de Juillet 2016. 

qui était Claire Roman?  

Claire Roman est originaire de Mulhouse et issue d’un milieu plutôt aisé. Jeune, elle voyage beaucoup avec son père, et fait des études à Paris puis à Londres. Elle se marie avec un héros de la guerre de 1914, Serge Roman, mais ce dernier, marqué par les événements qu’il a vécu, se suicide en mars 1932. Terriblement marquée par ce drame, Claire Roman décide de se consacrer aux autres: elle s’engage dans la croix rouge, au Maroc à Meknès et c’est là pour la première fois qu’elle voit de près des avions. Intéressée et aidée en cachette par son infirmière en chef, elle réussit petit à petit à voler, puis elle apprend à piloter. De retour à Paris à 1933, sa passion du pilotage se confirme et elle s’inscrit à l’aéroclub Roland Garros d’Orly puis à l’Aeroclub Caudron basé à Guyancourt. En mai 1934, elle participe au Rallye Paris Deauville. Fin 1934, elle part en Angleterre pour découvrir d’autres types d’appareils : Avro Avian, Avro Cadet et de Havilland Push Moth.  

Compétitions sur Compétitions  

Début 1935, elle s’initie à la voltige (10 DANS COCKPIT AVEC CASQUE ) puis elle participe à la première coupe Hélène Boucher avec un Maillet (11 maillet 20) . Elle se classe seconde alors que son moteur est moitié moins puissant que celui de la vainqueur, Maryse Hilsz. Tour de France des prototypes, vol sans visibilité, 12 heures d’Angers, tour de Belgique, Claire Roman n’arrête pas (12 CAUDRON AIGLON) et enchaine compétition sur compétition (13 COUPE HELENE BOUCHER). En parallèle, elle parfait ses connaissances et obtient son brevet de pilote et navigateur de transport, tout en suivant des cours de radio, et de mécanique (14 DANS COCKPIT). 

 

En parallèle à cette activité aéronautique débordante, elle continue à œuvrer pour la croix rouge.   

Son savoir-faire exceptionnel se confirme : courant 1937, avec son amie Alix Lucas-Naudin, elle réussit un raid Paris-Pondichery, avec un Salmson D2 Phrygane (15 PHRYGANE).

Fin 1937, elle aligne le record féminin d’altitude et le record féminin de vitesse;

15 Salmson Phrygane credit Collection Espace Air Passion Angers15 Salmson Phrygane credit Collection Espace Air Passion Angers
 

Première femme pilote de l’armée de l’air 

1939, la guerre est là et les femmes n’ont pas leur place dans l’armée de l’air. Claire Roman est une exception : elle devient la première femme pilote de l’armée de l’air (16 CARTE D’IDENTITE). Elle a pour mission de convoyer des avions de tourisme réquisitionnés. Elle part en avion et rentre en train, avec sa combinaison de vol, et son parachute sous le bras. Puis, devant l’avancée allemande, elle ramène des appareils pour éviter qu’ils ne tombent dans les mains de l’armée allemande, souvent en rase-motte pour éviter les chasseurs de la Luftwaffe. 

En Juin 1940, venant de Landes de Bussac, elle se pose à Rennes, mais les allemands sont déjà là ! Surprise, elle est faite prisonnière. Sa pratique de la langue allemande facilite ses relations avec ses geôliers et elle profite d’un moment d’inattention pour s’évader, déguisée en civil avec un tablier de cuisine et un panier à provisions à la main. 

Elle saute sur une bicyclette et roule sans interruption 80 kilomètres, jusqu’à l’aéroport de La Baule Escoublac. Là, les mécanos s‘affairent, inconscients du danger qui s’approche. Elle les prévient puis monte dans un N.A. 57,  (17 NA57) appareil qu’elle n’a jamais piloté. Un bref « amphi cabine », et la voilà qui décolle vers Bussac. Le Commandant Leleu, son supérieur hiérarchique qui la croyait perdue, est stupéfait de la voir sortir d’un avion, trois jours après sa disparition. Pour cet exploit, elle reçoit une citation à l’ordre de l’armée avec remise de la croix de guerre. 

Inaction forcée  

L’armistice signé, les avions restent au sol et Claire Roman ne peut plus voler. Elle se consacre autant qu’elle le peut au bien-être des soldats français et va de camps en camps pour tenter d’alléger leurs souffrances, avec l’aide de la Croix-Rouge. 

 En Août 1941, elle apprend que sa mère est malade, à Pau. Elle embarque à Vichy dans le Goéland n°3/6/7267 et décolle vers son destin.. (18 S BEILLIARD)

18 Caudron444 credit s18 Caudron444 credit s.Beilliard

 

UNE EXPOSITION A AEROSCOPIA  

La découverte exceptionnelle de ces vestiges empreints d’histoire méritait une exposition à part entière, ce qui a été fait dans le musée « Aeroscopia », à Blagnac (19 ILOT). 

Pendant plusieurs mois, il a été possible de voir dans l’ilot « archéologie aéronautique » des fragments émouvants de l’avion de Claire Roman : un hublot, l’altimètre, une soupape. 

Dans cette vitrine,  également, une maquette de Goéland au 1/72ème (20 MAQUETTE) de l’avion dans lequel Claire Roman a trouvé la mort, avec décoration et  immatriculation reproduits avec une fidélité absolue.  

 

Remerciements : Stéphane Nicolaou et tous les acteurs locaux qui ont contribué à cette découverte. 

  

 

UN LATECOERE HISTORIQUE

Late 17 Credit Madame PranvilleLate 17 - Crédit Madame Pranville

 

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Ce 1er Aout 1927, près de Toulouse, il pleut et le plafond est bas. 

Le Latécoère 17 Numéro  622 de l’Aéropostale immatriculé F-AIGL en provenance de Rabat au Maroc, a décollé d’Alicante en Espagne et il vole en direction de Toulouse Montaudran. Il transporte le courrier et emmène 5 personnes. Quatre d’entre elles travaillent pour la « Ligne » : il y a deux pilotes, un mécanicien, et le chef d’escale de Rabat, Alfred Brangier. Ce dernier est accompagné de son épouse, Hélène Lhermitte. 

Decouverte de l'Avion d'un As

titre

 

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Nous sommes dans l’après-midi du 4 Novembre 1943. Les Dewoitine 520 de l’escadrille JG 101 de la Luftwaffe s’apprêtent à décoller de Tarbes. 

Ce sont des avions Français récupérés par l’occupant Allemand et qui servent désormais à l’école de chasse pour l’entrainement des jeunes pilotes. 

Parmi les avions qui décollent cet après-midi,  le numéro 693 est piloté par Rudolf Tomasch et le numéro 505 piloté par August Malle. 

LE BLOCH 210 DE FRANCAZAL

« L’histoire s’apparente parfois à un jeu de piste »

photo de titre
  

Septembre 2012, près de la base aérienne de Francazal ; 

A la recherche d’indices, de pièces d’avions oubliées, et d’histoire locale, je rencontre un riverain âgé qui m’explique : «il y a un avion qui est tombé là avant la guerre, j’ai gardé un morceau dans le garage. Tenez, prenez le, il est à vous ». 

LE DERNIER DES LATECOERE

avec l’aimable autorisation de Benjamin FreudenthalAvec l’aimable autorisation de Benjamin Freudenthal