D520_ENCAUSSE

D520 ENCAUSSE

D520-Enausse, photo CEV Collection Couderchonun D520 en vol dans les années 80’s (Credit photo CEV Collection P.Couderchon)

UN DESTIN TRAGIQUE

Le 25 Août 1944, le Dewoitine 520 numéro 531 survole Encausse les termes, près de Saint Gaudens, il tourne autour de ce village, et tout à coup, déséquilibré, il pique et s’écrase à flan de montagne. Son pilote est tué sur le coup.

photo 2 photo 2 Mais que s’est-il passé ? quelle est l’histoire de cet avion ?

Reprenons : Mi 1944, la France retrouve petit à petit la liberté. Les allemands se replient vers le Nord et Toulouse est libérée le 20 Août 1944. Les français reprennent aux allemands les chaines de production des Dewoitine qui avaient été détournées pour le compte de la Luftwaffe.
A l’usine de Saint Martin du Touch, en face de Blagnac, un groupe de Dewoitine 520 aux couleurs françaises prend forme : le groupe « Doret », du nom du Commandant qui en prend la tête. Ces avions vont harceler les troupes allemandes qui fuient, en particulier sur la côte atlantique.

Le premier appareil, numéro constructeur 531, avec un chiffre « 1 » peint sur la dérive est remis en état et le Commandant André de Bar va le prendre en mains. Dans la région de Toulouse fraîchement libérée, la joie est grande de voir à nouveau un appareil voler avec la cocarde bleu-blanc-rouge. Cet avion est applaudi par les badauds dans la rue.

Pendant un vol d’essai, le Commandant de Bar va survoler le Gers, pour tester l’avion. Sur le retour, il fait un crochet au dessus du village ou sa femme et sa fille sont réfugiées.

C’est pendant son survol du village qu’il rencontre un problème. Lequel ?
Nous ne le saurons sans doute jamais.

– Problème technique ? Les avions étaient en effet souvent sabotés sur la chaine, car ils étaient destinés à la Luftwaffe. Un problème de pas d’hélice est évoqué ;
– problème de pilotage ? Le D520 était un appareil pointu à piloter, et le vol en montagne est rendu délicat à cause des turbulences engendrées par le relief ;
Tout est possible ou plausible.

Le commandant de Bar s’écrase sous les yeux de sa femme et de sa fille, Monique, 14 ans. L’avion explose, prend feu, brule longuement. L’incendie maitrisé, les gros fragments (dérive, voilure) sont amenés à la mairie, puis à l’hôtel du centre ou ils resteront longtemps, jusqu’à ce qu’un ferrailleur les emmène, dans les années cinquante.
Le commandant de Bar est enterré dans le village, sa femme passera pendant plusieurs années pour déposer des fleurs sur sa tombe (photo 2).

Mais comment avons-nous retrouvé les fragments du Dewoitine (photo 3) ?

Gérard Boyé est digne de Sherlock Holmes. Il épluche inlassablement les archives locales à la recherche d’informations aéronautiques. Ce n’est pas pour rien que Gérard est un membre actif des Ailes Anciennes de Toulouse.

photo 3 photo 3 Un beau jour, il tombe sur le compte rendu d’un maire, relatant un crash d’avion « allemand ».

Gérard part faire son enquête, localement, il interroge des personnes âgées, qui lui racontent toute l’histoire et lui indiquent ou l’avion est tombé : au pied d’un relais de télévision récemment installé.

Un beau jour d’Octobre, forts des indications récoltées par Gérard, nous arrivons (photo 4) dans ce paysage de rêve (photo 5). L’avion s’est écrasé là. Nous sortons notre détecteur de métaux, et, au travail !

Rapidement, nous trouvons plusieurs composants : de la structure avion tordue (le choc a été terrible : photo 6) des écrous, beaucoup de douilles explosées (photo 7) : celles-ci ont explosé pendant l’incendie, se sont dispersées aux quatre coins du champ, et n’ont pas été ramassées.

Des pièces diverses et variées que Gérard va réussir à identifier, certaines grâce aux manuels de maintenance Dewoitine qu’il possède : Photo 8

Nous allons ensuite rencontrer un mécano historique de Dewoitine « Dédé » Chaumeton, 79 ans, toujours en pleine forme. Il a été le mécano de Marcel Doret en personne (le pilote d’essai mythique de Dewoitine), et il s’est occupé de l’appareil d’André de Bar : il s’en rappelle bien, c’était un pilote d’essai, grand et costaud.

Voilà, la boucle est bouclée, l’histoire du Dewoitine 520 numéro 531 est reconstituée…

A bientôt pour de nouvelles découvertes ;

Gilles Collaveri

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