MOSQUITO

MOSQUITO

« FRIENDLY FIRE »

MOSQUITO « tir contre son propre camp » un MOSQUITO en vol

« TRAGIQUE MEPRISE »

Eté 1944. L’aviation alliée a acquis la maitrise du ciel. Les Forteresses volantes « B17 » sillonnent l’Europe et bombardent l’Allemagne avec toujours plus de force.
Les B17 accomplissent parfois des missions « Frantic » : elles partent d’Angleterre, vont se poser en Russie ou en Pologne, continuent vers l’Italie et rentrent vers l’Angleterre, en bombardant à chaque fois l’ennemi.

 

C’est lors d’une de ces missions que le drame qui nous intéresse va se produire. Une mission Frantic partie d’Italie va bombarder Toulouse avant de rentrer dans le Norfolk. Un De Havilland « Mosquito » (haut de page) est parti en reconnaissance pour baliser l’objectif. Ce Mosquito de reconnaissance, peint en bleu, est piloté par des américains.
Il vole normalement, à la frontière du Gers, quand tout à coup, deux chasseurs américains fondent sur lui. Ce sont des P51 Mustang (photo 2), qui constituent l’escorte des B17. Ils se sont trompés de cible et l’ont confondu avec un appareil allemand (avec un Junker 88 sans doute). Ils attaquent le Mosquito qui tente de se dérober et lance des appels désespérés à la radio, mais c’est trop tard, l’avion de reconnaissance s’écrase. Le navigateur réussit à sauter en parachute et sera secouru par la résistance mais le pilote reste bloqué et meurt dans le crash de son avion. Le drame sera révélé plus tard et un monument sera érigé en mémoire du pilote américain (photo 3).

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Quelques dizaines d’années plus tard, nous arrivons près du petit bois ou le drame s’est produit. Un calvaire datant du début du siècle (photo 4) fait un lien étonnant avec notre Mosquito. Nous plongeons dans une forêt pleine de charme et nous traversons un ruisseau encaissé avant de trouver, au milieu des ronces, le site du crash.

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Ce site déjà a été exploré par un ami, spécialiste de la seconde guerre mondiale, et nous prolongeons ainsi son travail. Cet ami avait en particulier découvert la hache de secours devant permettre aux membres de l’équipage de s’extraire de l’avion en cas de crash (photo 5).
Nous voilà donc partis à la recherche d’objets que l’on pourrait faire « parler ».

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Nous trouverons peu de vestiges, principalement pour deux raisons :
– le Mosquito était fabriqué en bois, matière qui a dû disparaitre naturellement.
– l’avion a percuté le sol quasi verticalement et s’est pulvérisé lors du choc : il ne subsiste que de tout petits morceaux du Mosquito.

Après plusieurs heures de prospection et quelques épines plus tard, voici le résultat de nos recherches (photo 6) :

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Il y a beaucoup de billes d’aluminium fondu à cause de la chaleur de l’incendie. Des formes étonnantes sont nées de cette fusion (photo 7), et notre prédécesseur les a entassées sur une souche. Cette vision dans le sous bois est étonnante et rappelle une sculpture d’art contemporain (photo 8).

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Le seul « gros » morceau que nous trouverons fait environ vingt centimètres. C’est une gaine (photo 9) qui contenait des câbles électriques, la voici mise en valeur dans un cadre.

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Parmi les fragments que nous déterrons, quelques éléments méritent notre regard et un commentaire d’explication:
– ces grilles en plomb (photo 10), souvent trouvées sur des sites de crash. Savez-vous ce qu’elles étaient ? ce sont des éléments de batterie, qui étaient plongées dans de l’acide ;

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– Des vis (photo 11). Et oui, nous avons affaire à un avion en bois (surnom de l’appareil : « the wooden wonder ») ce qui le rendait indétectable aux radars. Vérification faite sur mon site spécialisé préféré d’avions de la seconde guerre mondiale (« 12oclockhigh »), la confirmation est obtenue : il y avait bien des vis sur le Mosquito. Etonnant, non ?

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– des morceaux de plexiglas provenant du pare brise et du cockpit (photo 12) ;

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– une poulie qui guidait des câbles de commandes de vol (photo 13)

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– Une étonnante pièce tournante avec des ailettes profilées (photo 14). Utilisation inconnue;

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– Une trappe de visite (photo 15) ;

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– des pièces rondes (photo 16) : des éléments provenant des roues, des hélices, et du moteur (il y a en particulier un segment, qui était autour du piston) ;

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– un petit robinet avec encore son fil frein (photo 17) ; Hydraulique ? essence ?

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– un morceau d’extrémité de tubulure qui se révèle être une arrivée de tuyauterie de carburant (photo 18);

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– une pièce très étonnante (photo 19) qui fait penser à une électrode mais dont l’utilisation finale me reste inconnue ; avez-vous une idée ?
Certaines pièces de structure portent des poinçons (photo 20) qui sont la marque du sous traitant qui a fabriqué cette pièce pour De Havilland (le constructeur de l’avion).

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L’un de ces marquages est particulièrement intéressant (photo 21). Un ami allemand dont j’ai fait la connaissance grâce à un site Internet va m’expliquer que le chiffre « 98 » spécifie le type de l’avion, en l’occurrence 98=Mosquito. Pour le biplan « De Havilland Tiger Moth », c’était le 82. Vous reconnaitrez qu’il faut le savoir…

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Enfin, je vous garde les pièces les plus émouvantes pour la fin.
– Un petit voyant rouge (photo 22). Je me demande ce qu’il indiquait. Verrouillage du train d’atterrissage ? alarme feu ? radio ? j’hésite… .

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– Une petite plaquette en aluminium (photo 23) avec des marquages : « degrés Celsius- RAD » graduée « 40 – 100 – 140 ». cette plaque était sous un bouton rotatif servant à régler la température, mais pour quel équipement ? moteur ? radiateur ? autre ?

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– Un tout petit fragment de métal (photo 24)avec encore de la peinture bleue, cette peinture caractéristique des avions de reconnaissance alliés. Messieurs les modélistes, à vos pinceaux !

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– Enfin, une petite boucle de sangle (photo 25) : était-elle sur le parachute ? sur la sangle du pilote ? sur un sac ? Beaucoup d’interrogations subsistent…..

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Ces petits morceaux de métal ont permis de redécouvrir un avion, une mission, un équipage, et la vie de cet appareil avant qu’elle ne s’achève brutalement.
Cette recherche nous a aussi offert une plongée dans un sous bois magnifique avec des vues saisissantes dans le coucher de soleil (photo 26), ainsi qu’un contact unique avec la nature. Je me rappellerai toujours quand mon ami Bernard qui m’accompagnait ce jour là, me saisit brusquement le bras et me dit à voix basse « regarde, là bas » : il y avait une douzaine de marcassins. Surpris par l’incursion de ces deux humains dans leur territoire,, ils venaient voir ce que nous faisions. Belle vision, beau souvenir, et moment fort de communion avec la nature.

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